Fabienne Desseux, au chômage mais pleine de ressources !

Fabienne, je sais que d’habitude, c’est toi qui poses les questions mais aujourd’hui, on va inverser les rôles. Je trouve ton univers vraiment sympathique, tes écrits toujours justes et pétillants malgré le sujet que tu traites : le chômage. Je pense qu’il est important de garder son sens de l’humour quand on recherche un emploi sous peine de sombrer…

Fabienne, peux-tu nous présenter ton parcours, « l’avant-chômage » ?

Mon parcours d’avant-chômage est aussi alambiqué que celui d’après. D’abord école de journalisme, puis après une ribambelle de stages, je suis rentrée par hasard dans la fonction publique fiscale pour deux mois. En mal de paiement de loyer et de remplissage de frigo, j’y suis restée près de 20 ans. Eté 2009, je quitte ce boulot alimentaire et me lance à nouveau dans mon premier métier. Après plus d’un an de piges pour le Journal du Centre, je suis engagée comme journaliste, animatrice radio à Bac FM. Minuscule structure associative. Après quatre ans passés, la fameuse crise faisant rage, baisse des subventions, licenciement économique, bonjour Pôle Emploi.

Pourquoi as-tu commencé à écrire tes billets sur le chômage ? Y-a-t-il eu un déclic ?

Aucune idée. J’étais en vacances. Mon licenciement était entériné mais pas effectif. J’habite Nevers, ville moyenne où je n’ai aucune perspective d’emploi, et je me suis dit que si je ne faisais pas quelque chose de suite – même si ça n’était pas un vrai boulot – j’allais me noyer. En dix minutes j’ai ouvert ce Journal d’une chômeuse sur facebook, c’est parti comme ça… Sans doute aussi une manière « d’occuper le terrain », de dire « l’âne il est pas mouru ». Garder le contrôle en quelque sorte.

As-tu envisagé de compiler tout ceci dans un livre ? Une BD ?

Non. Mais si. Lorsque j’ai vu que les gens venaient, réagissaient, se confiaient même, je me suis dit que mes bêtises avaient quand même un intérêt. J’illustre chaque épisode d’un dessin de presse ou humoristique que je pique sur le net (en citant les auteurs, quand même !) Mais je m’imagine bien avec un dessinateur « attitré » qui ferait ça avec moi. Malgré tout, cela n’a pas beaucoup de sens en dehors d’internet puisque ce journal est quasi quotidien. Et puis un éditeur, c’est encore plus introuvable qu’un CDI… Alors ces chroniques resteront sans doute en l’état.

 

Quelle est ta recette pour garder la pêche et nous faire rire comme cela ?

Je n’ai pas de recette dans la mesure où je suis loin d’avoir la pêche tous les jours. Au quotidien, je suis d’ailleurs loin d’être une marrante. L’écrit est différent. Il permet une remise à plat des émotions, des hauts et des bas. J’ai le plus grand respect pour Pierre Desproges qui avait cette élégance de nous faire rire avec le pire. Et puis je ne suis pas sur le net pour m’épancher et emmerder le monde avec les mêmes soucis que 6 millions et demi de français ! D’autant que je ne suis pas encore dans la galère, j’ai des allocations, mon chômage est tout neuf. J’aurai peut-être moins d’humour dans six mois ou un an.

Comment communiques-tu pour faire connaître tes écrits ? (blog, réseaux sociaux…)

Je ne communique pas vraiment, mais j’essaye de faire grandir cette page Facebook  » journal d’une chômeuse » de façon artisanale. J’ai d’abord bêtement invité mes amis. Je leur ai parfois demandé d’inviter les leurs. Et puis j’ai croisé virtuellement certains chemins. Comme le tien, ce qui fait que je réponds à tes questions aujourd’hui. J’ai mis en ligne certaines de mes interviews, des nouvelles aussi… L’aspect com’ me dépasse un peu. Comme pour la recherche d’emploi, je suis infoutue de me vendre en envoyant un mail pour dire : « Hep, je suis la meilleure, engagez-moi ! »

Fabienne, je te remercie pour tes éclaircissements et te souhaite de vite sortir du chômage. Avec ton énergie et ton côté positif, tu as toutes les chances pour dompter la bête !

 

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