Cela y est, mon livre sur la prématurité de ma fille est sorti. Il raconte la naissance mouvementée de ma puce, qui, du haut de ses 570 grammes a du lutter pour survivre.

Je vous invite à découvrir un extrait de mon nouvel ouvrage…

20h20. Salle médicale de l’hôpital Pellegrin à Bordeaux.

Une petite fille de 570 grammes arrive au monde.

J’ai 25 ans. Tu es mon premier enfant et tu arrives dans un contexte tendu où chaque seconde va compter. Ton papa n’est pas autorisé à assister à la césarienne. Je vais contenir ma peur et mes larmes pour que les médecins soient concentrés sur la seule chose qui compte à ce moment-là : que tu naisses et quittes cet univers morbide que j’ai créé malgré moi.

Mes jambes tremblent, l’infirmière me pose une couverture chauffante comme celle que l’on met aux naufragés ayant subi une hypothermie. Ce soir, je suis une épave qui tente de ne pas sombrer dans cette mer agitée : j’ai des responsabilités, je dois penser à toi, ma puce.

Mon corps entier réclame un geste tendre mais mon mari n’a pas été autorisé à être à mes côtés. Pourquoi ? Pourquoi me prive-t-on de lui au moment où j’ai le plus besoin d’être entourée et soutenue ?

On ne me laisse pas le choix malgré mes protestations et on ne m’explique pas non plus la raison de cette mise à l’écart. Je pense que les circonstances l’exigent. Les médecins doivent juger la situation critique et préfèrent écarter mon mari pour mieux gérer l’opération sans avoir à se soucier d’un élément extérieur.

Je ne vois pas d’autre explication. Peut-être redoutent-ils que mon mari s’évanouisse ou panique ? Qu’il pose trop de questions et les déconcentre ? Ils ont besoin de se focaliser sur ma fille et d’agir en urgence.

 Je sais que je vais devoir tenir le coup seule.

Mes yeux me trahissent, l’infirmière sent mon désarroi et me caresse doucement la main, apaisant mes craintes par la chaleur de son geste. Quel métier elle fait… Quel altruisme… C’est elle qui me donne à cet instant précis une force qu’elle ne soupçonne même pas et dont j’ai terriblement besoin. Son rôle a été crucial dans cette salle d’intervention. Le médecin était concentré à pratiquer la césarienne dans sa logique médicale mais de mon côté, j’avais besoin de chaleur humaine.

Face à ce choc d’une césarienne en urgence, ce qui compte pour beaucoup, c’est l’empathie développée par les personnes présentes. Un regard bienveillant, un geste d’amitié sont autant de couvertures bienfaitrices pour nous envelopper et nous permettre de ne pas craquer.

À aucun moment je ne me suis préparée à l’éventualité d’une naissance en urgence. Certes, j’ai vite compris que le RCIU était un dysfonctionnement grave mais je pensais sincèrement pouvoir grappiller des semaines de grossesse.

À aucun moment je n’ai envisagé que mon deuxième jour d’hospitalisation signerait la naissance de ma fille. Quand je réalise enfin ce qui se passe, là, derrière ce drap bleu, je suis tétanisée. Je suis d’autant plus décontenancée par le spectacle auquel j’assiste, impuissante, mais avec une certitude : je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour réparer ce que mon corps a causé contre ma volonté.

Pour acheter mon livre « toi mon bébé prématuré » (éditions Boite à Pandore), rendez-vous en librairie. Vous le trouverez aussi sur les sites de vente en ligne comme Amazon.

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