Interview de Sophie Deprince, porteuse de projet

Bonjour Sophie Deprince, je suis ravie que tu aies accepté de nous en dire plus sur ton projet ! C’est un concept en lequel je crois et qui, je l’avoue, me donne grave envie…Hâte de découvrir tes savons !

Mais d’abord Sophie Deprince, peux-tu te présenter ?

Bonjour, tout d’abord, merci à toi pour vette place sur ton blog et l’intérêt que tu portes à mon projet.

Me présenter, ….. Je suis Sophie, j’ai un âge approchant de la quarantaine, maman épanouie d’une petite grenouille de 7 ans, et femme épanouie dans la vie car chaque jour me permet d’approcher de mon rêve et chaque jour je me lève non pas pour aller travailler mais faire ma passion. Voilà pour le côté perso, au niveau professionnel, j’ai crée ma petite entreprise en 2008, mon métier premier est la relaxation corporelle, j’ai une formation de technicienne de bien-être. Et j’ai donc commencé à vendre des cosmétiques bio en complément d’activité et j’ai voulu savoir et comprendre ce que je vendais, d’où mon intérêt aujourd’hui pour les produits cosmétiques.

 

Et nous présenter ton projet de savonnerie artisanale ?

Avant de commencer, il me semble important d’expliquer mon produit : les savons. Je fais des savons fabriqués par saponification à froid ( petit retour en cours de chimie de terminale;)), chimiquement parlant un savon c’est un corps gras mélangé à un alcali ( ici, de la soude pour les savons durs) qui donne du savon et de la glycérine. Voilà moi ce qui m’intéresse c’est la glycérine. Elle permet de reconstruire le film hydrolipidique de la peau ( le film qui protège votre peau ), ce qui fait de ces savons des produits de très bonne qualité et j’irai jusqu’ à dire des savons de soins. Pour aller un peu loin, aujourd’hui sur le marché vous retrouvez trois types de savons durs : le SAF ( saponifié à froid ), le savon fabriqué à chaud comme le savon de Marseille ou celui d’Alep (les vrais !) dont la glycérine naturellement produite est retirée pour être revendue séparément, tt enfin le bondillon ( la petite savonnette pas chère des grandes surfaces ) qui est fabriqué à partir de billes de savon toutes prêtes, généralement produites en Indonésie, gavée d’huile de palme et de conservateurs.

Ce préambule étant posé ( vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas;)), voici mon projet : cette savonnerie est la réalisation d’un grand et ancien rêve : celui de créer mes propres produits ! Mais pas n’importe comment.

Je m’insurge très et trop souvent sur toute la chimie présente dans les produits du quotidien, et j’y inclus l’alimentaire, car pour moi, les choses sont claires et nettes on nous empoisonne dans l’unique but de toujours accroître la rentabilité et le profit ! Si vous avez regardé l’émission d’il y a deux jours sur les pesticides, vous savez et comprenez de quoi je parle.

Je suis certainement très et ou trop utopiste, mais je reste persuadée que l’on peut faire autrement, qu’il y a d’autres solutions et cela je le dis en pensant à l’avenir de ma fille et mes petits-enfants quand j’en aurai. Et, je veux montrer qu’à mon petit niveau et bien, on peut produire sainement, que les grandes industries et la grande distribution n’ont pas tous les pouvoirs. Je veux croire qu’il est possible de produire sain, naturel tout en conservant son éthique et ( désolée, pour l’expression ) sans prendre le client pour un C..

Des produits sains et naturels : mes savons sont fabriqués avec des matières premières bio, les parfums sont réalisés avec des huiles essentielles, vous ne verrez jamais chez moi le savon à la fraise, au caramel, ou encore à la barbe à papa qui ne sont que des odeurs de synthèse. Les couleurs de mes savons ? Idem, pas de colorant de synthèse même si ils sont beaucoup plus simples à utiliser. Je reste sur des colorants d’origine végétale dont certains se retrouvent dans toutes les cuisines comme le curcuma ou le cacao. Ou encore, pour mon savon Zenzitude, la couleur verte est obtenue seulement par le choix des huiles végétales et essentielles. Pourquoi rajouter un colorant quand on peut l’avoir juste avec ses matières premières ?

Mon éthique : Et bien non, je ne ferai pas du greenwashing ( technique consistant à faire passer son produit pour écolo et naturel alors qu’il n’en est rien ) que je vois malheureusement trop souvent. J’ai aussi pris position concernant une labellisation bio de mes produits, je ne le ferai pas car comme tout malheureusement cela devient du commerce avant tout en oubliant la base : des produits sains ! Je préfère de loin passer 30 minutes à expliquer à un client mon produit que de payer un label ( en plus, c’est beaucoup enrichissant personnellement ).

Je ne vais pas pouvoir tout faire seule, donc je vais chercher des revendeurs pro pour mes produits et là pareil, je ne veux pas reproduire ce système que je connais trop bien car on fait de l’achat – revente : les ouvertures de compte exorbitantes, les minimums de commande, etc….. Je mettrai en place des solutions humaines et des conditions de vente qui soient équitables pour chacun.

Pour ce projet, j’ai dû changer de local car l’autre était vraiment trop petit ( 24 m² ), lors des travaux j’ai essayé de faire au maximum une entreprise verte.

Et pour finir, oui, oups j’ai un peu écrit une grosse tartine, désolée pourtant j’ai essayé de me freiner, je ne souhaite pas faire que du savon. Je travaille sur des huiles de massage qui seront utilisées au sein de l’institut et mise à la revente, sur des bougies de massage et des bougies parfumantes, bien-sûr et toujours au naturel, la création de baumes et par la suite, mais la suite dans longtemps ;) pourquoi pas une gamme de cosmétiques : crème de jour, etc….

 

Comment t’es venue l’idée de te lancer dans ce projet, Sophie Deprince ?

Je suis une fana de savons comme beaucoup de femmes, je crois ! J’avais trouvé le fournisseur idéal pour mon magasin : du savon à froid, du bio, du made in France et de l’éthique. Quand j’ai découvert ses savons, je tombée amoureuse et je crois que depuis 7 années ma peau n’a rien vu d’autre. Et je n’oublierai jamais, le jour où je suis allée visiter sa savonnerie, une gamine dans les rayons, émerveillée devant tous ses savons, et puis quand on est passé dans le labo là waouuuuu, cela me semblait super compliqué, pas du tout à ma portée, mais purée de petits pois qu’est-ce que ça m’a donné envie et je suis repartie en me disant un jour peut-être………………..

Puis, il y a deux ans, ma meilleure amie a offert le bouquin de trop : faire ses savons au naturel ! Je me suis dit c’est un signe, alors j’ai essayé, et je suis devenue addict à la fabrication du savon, normal c’est tellement magique, de voir ce processus chimique se mettre en place, de colorer, de parfumer et de devoir attendre 48 h pour le résultat final. Perso, c’est ce que je préfère, avoir pris du temps à réfléchir ce que je voulais faire, le rendu que je voulais et attendre 48 H, démouler et couper le savon, bon ok, je reconnais parfois je suis déçue, mais pas grave, on recommence ! A cette époque, j’étais loin d’imaginer que j’en serai là aujourd’hui. Et pour la petite histoire, cette amie est venue la semaine dernière au labo et très émue elle me dit mais tu rends compte, jamais je n’aurai imaginé que l’achat de bouquin t’amène là, bravo, je suis fière de toi avec sa petite larme d’émotion à l’oeil, bon j’avoue moi aussi je l’ai eue ;), oui ont des filles avec notre émotionnel.

 

De quoi a-t-il besoin aujourd’hui pour voir le jour ? Comment t’aider ?

Aujourd’hui, j’ai le nouveau local, j’ai le labo, j’ai presque terminé mes formations, j’ai 4 recettes de presque prêtes sur 10 ( la cinquième a vu le jour hier et cela me semble bien parti ), j’ai une grosse partie du matériel, cela pour un investissement financier personnel de 10 000 € ( je me rends compte en écrivant cela que j’ai des rêves qui coûtent chers ).

Et là, ce qui me manque c’est le reste de l’investissement financier ( le nerf de la guerre ), il faut que j’achète du matériel pour produire en grosse quantité, que je rachète mes matières premières pour pouvoir produire et surtout l’incontournable la réglementation et la mise aux normes avec la législation pour la mise en vente de mes produits sur le marché.

C’est pour cela que nous avons lancé un projet de crowdfounding ( j’avais vraiment mais vraiment pas envie d’aller voir une banque ). La campagne a vu le jour il y trois jours, je n’ai que 90 jours pour récolter les fonds. Sur la première journée plus de 500 j’aime sur Facebook, un grand nombre de message de soutien et déjà 10 donateurs. Mais voilà ce n’est pas assez, et j’avoue je n’ai pu m’empêcher de faire un calcul simple 500 personnes ont aimé, 500 personnes donnant 5 € et bien j’aurai eu …………. je vous laisse faire la multiplication;). Mais, je garde espoir et confiance, je ne peux pas m’arrêter si près du but !

 

Ton petit mot pour convaincre les lecteurs de mon blog, Sophie Deprince ?

J’adore : «  mon petit mot pour convaincre » après tout ce que je viens d’écrire.

J’espère avant tout vous avoir donné envie de découvrir les savons fabriqués par saponification à froid, si oui alors n’hésitez pas à participer au crowdfounding, même pour 5 €;). Bien-sûr, je reste disponible pour répondre à toutes vos questions. Merci de votre attention, si vous lisez cela, merci aussi pour votre de temps de lecture et surtout un très grand MERCI à toi, Alexandra pour ton aide et ton soutien. J’espère avoir plein de savons à fabriquer, oui, que je sois débordée par des petites bulles.

 

Un grand merci Sophie Deprince pour avoir pris le temps de répondre aussi bien à cette interview !

 

 

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